Vous avez repéré ces petits cylindres noirs au pied de votre arbre fruitier ce matin et vous vous demandez ce qui rôde dans votre jardin ? Voici comment identifier avec certitude s’il s’agit d’un loir.
Les crottes de loir mesurent entre 6 et 9 mm de long, présentent une forme cylindrique très régulière avec des extrémités arrondies, et arborent une couleur brun foncé à noir avec un aspect lisse et sec. Contrairement aux excréments de rat qui sont plus gros (12-18 mm) et en forme de banane, ou aux crottes de souris qui sont minuscules (3-5 mm) et pointues, celles du loir ressemblent à de petits grains de riz uniformes. La découverte de ces excréments au pied d’un arbre, particulièrement en automne avant l’hibernation ou au printemps lors de la reproduction, indique en général un passage régulier plutôt qu’une infestation massive. Le loir gris privilégie les arbres fruitiers et les greniers pour établir son territoire.
Voici comment distinguer une simple visite nocturne d’une installation qui nécessite votre intervention, et quelles actions concrètes mettre en place pour protéger votre jardin sans nuire à cet animal protégé par la convention de Berne.
Identifier les crottes de loir : ce que révèlent ces petits tas noirs
La découverte de ces petits cylindres sombres n’est jamais anodine : leur simple présence raconte l’histoire nocturne de votre jardin.
À quoi ressemblent précisément les crottes de loir ?
Les excréments de loir mesurent entre 6 et 9 mm de longueur pour environ 2 à 3 mm de diamètre, affichant une forme cylindrique remarquablement régulière avec des extrémités arrondies, presque comme de minuscules grains de riz noir. Leur texture est LISSE, sèche et ferme au toucher, leur couleur varie du brun foncé au noir profond, et vous les trouverez en général regroupés en petits tas de 10 à 20 unités au pied des arbres fruitiers, sur les branches basses ou près des points d’accès aux combles, tandis qu’à l’intérieur ils s’accumulent dans les coins des greniers, le long des poutres ou près des réserves de nourriture. La période de découverte joue son rôle : en automne, le loir intensifie son activité avant l’hibernation et laisse davantage de traces, alors qu’au printemps les excréments signalent la reprise d’activité après plusieurs mois de sommeil.
Mais comment être certain qu’il ne s’agit pas d’un autre visiteur nocturne ?
Différencier les crottes de loir des autres rongeurs du jardin
La confusion entre crottes de rongeurs est fréquente, surtout que plusieurs espèces partagent les mêmes territoires dans nos jardins. Voici les caractéristiques distinctives pour chaque espèce :
| Rongeur | Taille (mm) | Forme | Couleur | Texture | Lieu de découverte typique |
|---|---|---|---|---|---|
| Loir | 6-9 | Cylindrique, extrémités arrondies | Brun foncé à noir | Lisse et sèche | Pied d’arbres fruitiers, greniers, branches basses (automne et printemps) |
| Lérot | 6-8 | Cylindrique, extrémités pointues | Brun noir | Lisse avec légères stries | Vergers, combles, murs de pierre (été principalement) |
| Rat noir | 12-18 | Banane allongée, extrémités effilées | Noir brillant | Molle quand fraîche | Toits, greniers, arbres, zones en hauteur (toute l’année) |
| Rat brun | 12-20 | Capsule épaisse, extrémités émoussées | Brun foncé | Dense et humide | Sol, caves, jardins près des poubelles (toute l’année) |
| Souris | 3-5 | Grain pointu aux deux bouts | Noir à brun | Sèche et dure | Partout en intérieur, rarement groupées (toute l’année) |
La distinction entre loir et lérot reste la plus délicate : observez les extrémités (arrondies chez le loir, pointues chez le lérot) et le contexte saisonnier, car le lérot reste actif tout l’été alors que le loir disparaît dès octobre pour hiberner jusqu’en avril.
Vidéos
Méthode efficace pour capturer un rongeur (rat, loir ou lérot)
La vidéo présente une méthode efficace pour capturer les rongeurs, par exemple les rats, les loirs ou les lérots sans les tuer.
Différence entre crotte de rats et crottes de fouines dans un grenier
Encore un nid de frelons européens au boulodrome de Aramon dans le Gard.
Que faire après avoir découvert des crottes de loir dans votre jardin ?
Passé le moment de surprise, la vraie question devient : s’agit-il d’un simple visiteur de passage ou d’un locataire qui s’installe durablement ?
Évaluer la gravité de la situation : passage occasionnel ou installation durable ?
Voici la grille d’auto-diagnostic qui vous permettra d’évaluer précisément la situation en quelques minutes d’observation attentive. Examinez méthodiquement ces cinq indicateurs dans votre jardin et vos combles pour déterminer le niveau d’intervention nécessaire :
- Quantité d’excréments : moins de 20 crottes isolées suggèrent un passage ponctuel lors d’une exploration nocturne, tandis que plusieurs dizaines regroupées en tas ou dispersées sur plusieurs zones indiquent une présence régulière avec un territoire établi nécessitant une surveillance accrue
- Traces de dents sur les arbres fruitiers : quelques coques de noix ou noisettes grignotées au sol restent normales en automne, mais des écorces rongées sur les branches, des fruits systématiquement entamés encore sur l’arbre ou des bourgeons décapités révèlent une installation avec zone de nourrissage active
- Bruits nocturnes : si vous entendez des grattements, des courses rapides ou des petits cris aigus dans le grenier entre 22h et 5h du matin, le loir a probablement établi son nid dans votre habitation et ne se contente plus du jardin
- Dégâts visibles : inspectez l’isolation des combles, les câbles électriques et les réserves alimentaires (fruits secs, graines) car des matériaux déchiquetés pour fabriquer un nid ou des fils dénudés signalent une occupation permanente qui peut représenter un risque
- Période de l’année : une découverte en septembre-octobre correspond à l’activité pré-hibernation intense (situation temporaire), tandis que des crottes fraîches d’avril à août indiquent une reproduction en cours avec potentiellement une famille entière installée 🐭
Maintenant que vous savez où vous en êtes, voyons les solutions adaptées à chaque scénario.
Les premières actions à entreprendre selon votre situation
Votre plan d’action dépend directement du niveau de gravité détecté lors de votre diagnostic. Suivez ces étapes progressives selon l’intensité de la présence du loir :
- Situation légère (passage occasionnel) : observez sans intervenir pendant 3 à 5 jours en notant les nouveaux dépôts d’excréments pour confirmer qu’il s’agit d’un simple transit, ramassez les crottes avec des gants jetables et désinfectez la zone à l’eau de Javel diluée, et profitez-en pour supprimer les fruits tombés au sol qui attirent le rongeur
- Situation modérée (présence régulière au jardin) : installez des répulsifs naturels comme des sachets de poivre de Cayenne ou des boules de naphtaline près des arbres ciblés, taillez les branches qui touchent la toiture pour couper les voies d’accès vers les combles, et protégez vos cultures avec des filets à mailles fines sur les arbres fruitiers pendant la période de maturation
- Situation préoccupante (installation dans l’habitation) : bouchez immédiatement tous les points d’accès potentiels aux combles (fissures de plus de 2 cm, tuiles déplacées, aérations non grillagées) en utilisant du grillage métallique fin que le loir ne peut ronger, placez des pièges à capture vivante dans le grenier avec des appâts comme des pommes ou des noisettes car l’animal est protégé et ne peut être tué, et documentez les dégâts par photos pour un éventuel recours en assurance
- Situation critique (dégâts importants ou famille installée) : contactez un professionnel certifié en gestion des nuisibles qui connaît le statut protégé de l’espèce et utilisera des méthodes non létales, demandez plusieurs devis gratuits en précisant bien la présence d’un loir (et non d’un rat) pour obtenir une intervention adaptée à la législation, et exigez une garantie sur les travaux de colmatage des accès pour éviter une réinstallation après la capture et le relâchement obligatoire de l’animal dans son milieu naturel
La patience reste votre meilleure alliée : le loir gris étant un animal protégé par la convention de Berne, toute solution doit privilégier l’éloignement respectueux plutôt que l’élimination. Si vous constatez des crottes fraîches persistantes malgré vos efforts de prévention après deux semaines, l’intervention d’un spécialiste devient nécessaire pour résoudre durablement le problème sans enfreindre la loi.





